Intolérance, allergie, le casse-tête devenu quotidien

Intolérance, allergie, le casse-tête devenu quotidien

Il est courant d’entendre que les intolérances alimentaires sont la nouvelle épidémie du siècle. Sans gluten, sans lactose, sans œufs, sans viande, sans additifs… on est toujours plus nombreux à devoir devenir des experts des ingrédients de notre panier pour préserver notre santé. Les nouvelles mamans sont en première ligne avec leur bébé dont la liste des aliments non tolérés s’allonge sans cesse. Quand aux personnes âgés, c’est le choc. Leur corps ne supporte plus aujourd’hui ce qu’ils ont avalé durant des années.

L’allergie

L’allergie est une réaction excessive de notre système immunitaire à un produit, que notre corps reconnaît comme une substance ennemie. Il secrète alors des anticorps afin de la combattre. Autrefois rare, elle n’en reste pas moins complexe et potentiellement mortelle. La réaction allergique est immédiate et parfois violente au niveau respiratoire ou dermatologique.  Pour certaines personnes, on parle d’avantage de terrain allergique, comme pour les abonnés annuels au rhume des foins. Dans ce cas précis, de nombreuses solutions existent afin de remettre en fonctionnement le système immunitaire comme le désensibilisation. Pour les allergies graves comme celle bien connue aux arachides, il faut être prudent en la faisant valider par un allergologue ou à l’hôpital, et avoir sur soi de l’épinéphrine pour prévenir un œdème le temps d’aller aux urgentes.

L’intolérance

L’intolérance ne déclenche pas de réaction spectaculaire mais elle ne fait pas moins de dégâts. Elle agit comme un lent empoisonnement. Elle peut provoquer de graves inconforts au point de nuire à la vie quotidienne et engendrer avec elle des dysfonctionnements physiologiques. Plusieurs intolérances sont le résultat de déficits enzymatiques comme la lactase. Le sucre du lait n’étant pas digéré, il fermente et provoque des gaz, des diarrhées ou constipations… Cette agression nuit à la santé générale de l’intestin qui fera de l’inflammation. Cela ouvre la porte à une forme plus généralisée d’intolérance voir même à créer un terrain favorable à l’apparition d’allergie.

Ainsi il existe une forme d’intolérance qui implique la barrière intestinale. Celle-ci devenue hyperméable à force d’agressions alimentaires industrielles, polluants, pesticides notamment, laisse passer déchets, macroaliments non digérés et moisissures dans le sang, sans que ceux-ci n’aient été identifiés par le système immunitaire. Pour se défendre, le système immunitaire libère des anticorps et mémorise l’intrus. Au prochain passage de l’aliment dans le ventre, l’organisme déclenchera la même réponse immunitaire. Une porte vers les maladie auto-immune s’ouvre.

Contrairement à l’allergie, l’intolérance peut être retardée dans le temps ce qui rend souvent difficile son identification. L’intolérance est donc plus insidieuse. C’est souvent une substance que le corps finit par ne plus tolérer avec le temps, suite par exemple, à sa surconsommation. Actuellement le cas du gluten fait débat, car petit à petit, il finit par détériorer notre système digestif rendant notre organisme intolérant. Les signes annonciateurs sont des troubles intestinaux mais pas seulement.

Autres signes d’une intolérance : migraine, eczéma, insomnie, dépression, troubles digestifs, sinusites, arthrose, maladies auto-immunes de la thyroïde ou fibromyalgie peuvent s’installer sans qu’il soit évident de faire le lien avec ce qu’on a mangé la veille ou l’avant-veille…

Êtes-vous intolérant ?

Des tests existent et de nombreux techniques sont apparues. Il existe beaucoup de pseudo tests aussi. Parmi ceux que l’on pourrait classé comme sérieux, aucun n’est parfaitement fiable ni peut garantir l’exactitude totale des résultats. Il faut les voir comme des outils qu’il faudra ensuite valider avec un régime d’exclusion.

Un peu de pain et de lait pour le goûter ?

Le pain tout comme le lait est un sujet qui fait polémique. Certains diront qu’on dit tout et n’importe quoi, au détriment des personnes qui ont une vraie maladie; que bien du monde s’invente une intolérance; qu’on diabolise les blés et le pain sans distinction.

Les boulangers pointent les pains blancs qui sont dénués d’intérêt nutritionnels et mis en cause dans la digestibilité du gluten. Ceux qui sont en bio, les pains sont rarement blancs, la base étant le demi-complet, dénué des additifs et pesticides qui le rendent toxique.

D’autres pointeront aussi de nombreux autres facteurs : ce que l’on consomme, au stress quotidien en passant par nos modes de vie toujours moins attentifs aux bases de notre santé. blabla, c’est vrai…. Sauf que les gens sont malades ! Ce refus du pain et du lait aura au moins l’avantage de sonner l’alerte. Quelque chose doit changer.

Cela fait depuis l’après-guerre que l’on bourre les gens de grains ogm, sélectionnés sur leur quantité de gluten pour les rendre plus panifiable et faire du pain  »nuage », que l’on asperge les champs de produits mortels……………………………………….. que les vaches bourrés d’antibio sont des usines à lait pasteurisé dénaturé…………………… en bref on récolte ce que l’on sème.

S’il est vrai que l’hypersensibilité au gluten résulte de facteurs nombreux et variés, les variétés de sélection sont trop riches en gluten et nuit à la santé intestinales. Concernant le pain en lui-même, Fanny Leenhardt, docteur en nutrition et chercheuse à l’INRA jusqu’en 2007, résume dans sa thèse (soutenue en 2005) les quatre points qui posent problème depuis l’industrialisation de la boulangerie dans les années 1950 : « La dévalorisation du blé, la production des farines sur cylindres qui désagrège et fractionne les constituants du grain plutôt que sur meules, l’accélération de la panification et l’usage excessif de sel. ». L’objectif de rentabilité du travail et des ventes est devenu supérieur à celui de la qualité nutritionnelle. Voilà nous avons laissé notre santé dans les mains d’industriels peu scrupuleux.

Le fait de faire du pain avec de la levure au lieu du levain est aussi problématique. Le levain prédigère les sucres et rend ainsi le pain plus assimilable. Il est un facteur de digestibilité car ses enzymes vont découper le gluten pour le rendre plus digeste contrairement au pétrissage industriel qui détruit en outre les arômes naturels du blé et oblige à ajouter beaucoup de sel voire d’additifs. Les industriels ont fait du pain un aliment mort et sans intérêt nutritionnel.

Maintenant que faire ? Chacun doit faire un choix lorsqu’il est temps de remplir son panier. Mais l’accès à des aliments de qualité est aussi un enjeu. Personne ne fait 50 km voir plus pour trouver du pain bio au blé ancien. Tant que le pain nuage sera moins cher que le pain de qualité, les gens continueront à en manger. Tant que les enfants seront élevés au pain blanc, ils ne pourront devenir des consommateurs responsables de leur santé. Tant que les cantines scolaires offriront des repas industriels infâmes, on pourra chialer sur la dite mode du sans…. les gens sont malades et ils doivent trouver des solutions pour rester des travailleurs fonctionnels et avoir une vie plus intéressante que celle au fond du bol de toilette. La mode du sans n’a pas fini et si elle permet de débattre et réveiller les consciences, je la soutiens  »tant mieux ». car elle est la seule réponse disponible à court terme. Elle est souvent la première étape pour l’introduction ou le retour à des aliments vivants et sains.

 

Les légumes, la revanche

Les légumes, la revanche

Les légumes longtemps boudés sont maintenant valorisés et reconnus pour leurs impacts positifs sur notre santé. Bio, locaux, de saison, mangez des légumes est une démarche de bien manger, de santé et citoyenne.

Potager urbains, en campagne, jardins collectifs… meilleurs accès aux légumes au supermarché… campagne légumes moches ect… ça bouge mais pas si facile de manger bien et bon partout. En ville, bien des quartiers sont encore des déserts alimentaire; en campagne l’accès aux terres et petites parcelles pour le maraîchage bio, en permaculture, n’est pas facile.

Le Bio en $

Bien que les aliments représentent environ 5 % de la consommation totale d’aliments, la croissance est impressionnante, entre 9 et 10 % par année. Au Canada, le secteur du biologique génère des revenus de quatre milliards de dollars.  Selon une étude de 2013 (donc cela date), 56 % des répondants ont affirmé consommer du bio (18 % en consomment tous les jours et 38 % toutes les semaines). Les raisons : 1/4 le faisaient pour des raisons de santé, 80 % pour encourager l’économie locale et 63 % pour le goût qu’ils considèrent comme supérieur à celui des produits non bio. Les plus grands consommateurs d’aliments bios ont entre 45 à 65 ans (réduire leur exposition aux contaminants), mais les 30 à 45 ans sont les plus désireux d’acheter bio.

Mais les canadiens ne mangent pas assez de légumes

Le manque de temps est le premier argument de mes clients. Un faux argument. le consommateur moyen estime que les légumes sont difficiles et longs à préparer. Cet argument tient au fait que la société ne veut pas consacrer de temps (ni de l’argent) à l’alimentation. Tout doit être facile, on a tant de distraction et d’activités chronophage (média sociaux, temps de transport pour le travail, l’éducation des enfants, le sport…).

D’autre part, il est impressionnant de constater que beaucoup de gens pensent en manger assez. Or qui mange vraiment la moitié de son assiette de légumes tels que le prescrit le nouveau guide alimentaire canadien. Très peu de mes clients pour être bien honnête. J’aime beaucoup de regarder les cadis dans les supermarchés. Stupéfiant.

Légumes, ce médicament

Les légumes apportent des nutriments essentiels au fonctionnement de l’organisme (vitamines et minéraux), ils nous protègent des maladies sans avoir besoin d’acheter des pilules de suppléments. Plus la consommation de légumes est élevées, plus faible est le risque d’être atteint de maladie cardiovasculaire, de cancer (intestin…), de maladie métabolique…. Sur une période 10 ans, chaque portion supplémentaire de 80g diminue le risque de pathologie cardiovasculaire de 4 à 7 %. 5 portions par jour, 20 % de moins de risque (Marie-Joseph Amiot, INRA).

Les légumes sont un rempart contre l’obésité. La situation catastrophique de l’Amérique du Nord et du Québec devrait nous alerter et nous inviter à augmenter la part des légumes dans l’assiette. Peu caloriques, riches en fibres, exempt de gras saturés et sucres raffinés, riches en eau, le légume rassasie, nettoie, nourrit et vous apportent plein de vitamines essentielles.

vitamine A, essentielle dans la physiologie des cellules nerveuses de la rétine : patate douce, carotte, potiron, abricot, mangue, melon, salade romaine,épinard, laitue.

vitamine K, cofacteur indispensable pour la coagulation et minéralisation osseuse : poireaux, asperges, endives, haricots verts, graines de soja, fèves. pois

vitamine b dont le folate, essentiel à la procréation et au fœtus : noisette, asperge, brocoli cru, cacahuète, melon, pois chiche cuit, oseille cuite, chou de Bruxelles, haricots blancs cuits, laitue, chou fleur cru.

Pas besoin d’être nutritionniste pour savoir que tous les légumes ont un intérêt, il suffit d’apporter un variété de plusieurs légumes au quotidien pour s’assurer des bien-faits.

Les fibres contre les maladies chroniques

Les fibres des légumes augmentent le volumes des selles, stimulent le transit et ralentissent l’absorption du sucre en formant un gel dans l’intestin. Les populations qui consomment beaucoup de fibres sont aussi celles qui sont le moins touchées par les maladies chroniques et l’obésité. D’autre part les fibres envoie un signal nerveux au cerveau : la sensation de faim s’atténue, le foie produit moins de glucose ce qui réduit le risque de développer le diabète. Les légumes protègent et nourrissent la flore en favorisant la croissance des bactéries et stimulant leur activités microbiennes. Ils sont donc des alliés de premier choix pour l’immunité

légumes riches en fibres : artichaut, petits pois, épinard, asperge, choux de Bruxelle, panais

Comment faire manger des légumes aux enfants ?

Aux enfants difficiles, ne dites jamais que les légumes sont bons pour la santé. Ils anticipent alors qu’ils ne goûteront pas bons et le refuseront encore plus. Un jeune enfant en phase de diversification pourra se le faire présente jusqu’à 8 ou 10 fois avant l’accepter. C’est dire qu’il faut bien de la patience. En fait, ce refus est un réflexe normal. Il est instinctif : se mettre à l’abris d’un danger potentiel empoisonnement. Alors si vous voulez que votre enfant mange, commencez par vous-même. Donnez l’exemple.

En conclusion, quelques conseils :

Acheter les

  • locaux en privilégiant le marché ou votre maraîcher local, bio et/ou issus de la permaculture ou de production naturelle
  • en petites quantités, plus régulièrement et manger les rapidement

Laver les à grande eau ou de l’eau vinaigrée ou citronnée

Privilégier la cuisson douce, vapeur ou rapide. Ne pas saler. Récupérer l’eau de cuisson comme bouillon. Ajouter des herbes, de l’ail, des épices…

Bien mâcher chaque bouchée.

Développer son autonomie alimentaire

Développer son autonomie alimentaire

Pourquoi développer son autonomie alimentaire ? Tout simplement pour permettre à tout un chacun et notamment aux personnes plus démunies d’accroître leur sécurité alimentaire, d’être moins dépendants des chaines de distribution et des aliments morts (cf transformés, bourrés de pesticides etc) de agro-industrie, d’accéder à des aliments de qualité (bio, non transformés, sains…), de développer son savoir-faire en cuisine… et ainsi être plus riches dans tous les sens du terme.

Il y a 200 ans, la place de l’alimentation dans les familles est tout autre : argent moins présent, donc moins de commerce; production par la famille et recherche de l’autosuffisance, troc; participation de toute la famille, parfois élargie, le voisinage, corvées; le contenu de l’alimentation est en fonction des saisons, des pénuries selon les récoltes ou abattages; peu de variétés, transformation des aliments par la famille; des méthodes de conservation différentes (salaison, caveau, séchage etc.) car pas d’électricité; l’alimentation prend beaucoup de temps; et la survie dépend de la production familiale (végétaux, animaux, conservation, etc.).

Aujourd’hui : les enfants croient que les légumes poussent au supermarché et ne savent pas que les œufs sortent du c– des poules; l’alimentation prend moins de temps; un accès à une plus grande variété d’aliments et de produits transformés; alimentation et cuisine souvent vue comme une corvée (épicerie et repas à cuisiner) et activité devenue individuelle; une grande part du budget est consacrée à l’alimentation – tout peut s’acheter; peu d’autoproduction et de contacts avec les producteurs; parfois, on ne connaît pas tous les ingrédients qui entrent dans la composition des aliments consommés.

Ce virage est le résultat de l’urbanisation et l’industrialisation de l’alimentation. Et avec sont apparus le surpoids et l’obésité, les maladies métaboliques, les troubles du comportement en lien avec la santé intestinale et l’alimentation (TDHA, TDA, TSA….) en plus de la perte de savoir-faire culinaire, la pauvreté et l’insécurité alimentaire, ainsi qu’une forme d’isolement… surtout une perte de contrôle sur sa vie et sa santé.

Changer et développer ainsi son autonomie alimentaire peut paraître une montagne insurmontable. Mais C’est à la portée de tous. Il suffit de se mettre dans l’action avec des petits gestes au début pour se donner confiance, c’est à dire le vouloir. Ainsi l’autonomie est axée sur la responsabilisation de la personne à l’égard de son alimentation personnelle, de sa famille et de l’alimentation en générale. Elle s’appuie sur des gestes concrets et réalisables et elle est l’occasion d’exprimer ses capacités pour développer son estime et soi et son sentiment d’appartenance.


Comment s’y prendre ? Autonomie comme…

  • Planifier : planifier ses repas, faire son budget, consulter les circulaires, comparer les prix, trouver un transport, suivre des cours de cuisines, lire et comprendre les étiquettes…
  • Acquérir : faire un jardin (dans un jardin communautaire, sur le terrain non utilisé du voisin ou d’une personne âgées (une occasion de socialiser) contre l’entretien du terrain, troquer légumes et fruits avec ses voisins et amis jardiniers, aller au marché public, acheter local, participer à un groupe d’achat, se procurer que des ingrédients bruts…
  • Cuisiner : participer à un cuisine collective, cuisiner en groupe (sa sœur, sa voisine, copine…..), partager des recettes de moins de 5 ingrédients, utiliser les restes et faire des soirées  »toussequi », revenir à des plats simples (comme du temps de nos grand-mères : bouilli et pot au feu…) faire de la congélation et des conserves, faire ses boites à lunch, récupérer les pots Masson…
  • Manger : manger en famille et en groupe, organiser des pot-luck…

Voici quelques exemples inspirants à suivre pour démarrer à sa mesure ou pour s’impliquer.

Réapprendre à cuisiner et faire soi même, c’est développer son autonomie et mettre du temps dans sa santé fièrement !

La nature est généreuse… – partie 2

La nature est généreuse… – partie 2

Un peu de terre et quelques graines, la nature vous donnent tant, même si vous n’avez pas de grands talents de jardinier ni beaucoup d’espace. Tout le monde a un rôle à jouer et vous aussi ! On ne peut pas dépendre juste de l’approvisionnement de l’agriculture industriel. Pour devenir l’acteur de sa santé, il faut aussi collaborer avec la nature, faire un avec elle. Dans l’article précédent, vous avez découvert comment préparer le sol de coin de terre. Maintenant, je vous propose de planter quelques graines. Voici quelques exemples faciles même si vous êtes un apprentis jardinier. A faire avec vos enfants ! Lire la suite