Développer son autonomie alimentaire

Pourquoi développer son autonomie alimentaire ? Tout simplement pour permettre à tout un chacun et notamment aux personnes plus démunies d’accroître leur sécurité alimentaire, d’être moins dépendants des chaines de distribution et des aliments morts (cf transformés, bourrés de pesticides etc) de agro-industrie, d’accéder à des aliments de qualité (bio, non transformés, sains…), de développer son savoir-faire en cuisine… et ainsi être plus riches dans tous les sens du terme.

Il y a 200 ans, la place de l’alimentation dans les familles est tout autre : argent moins présent, donc moins de commerce; production par la famille et recherche de l’autosuffisance, troc; participation de toute la famille, parfois élargie, le voisinage, corvées; le contenu de l’alimentation est en fonction des saisons, des pénuries selon les récoltes ou abattages; peu de variétés, transformation des aliments par la famille; des méthodes de conservation différentes (salaison, caveau, séchage etc.) car pas d’électricité; l’alimentation prend beaucoup de temps; et la survie dépend de la production familiale (végétaux, animaux, conservation, etc.).

Aujourd’hui : les enfants croient que les légumes poussent au supermarché et ne savent pas que les œufs sortent du c– des poules; l’alimentation prend moins de temps; un accès à une plus grande variété d’aliments et de produits transformés; alimentation et cuisine souvent vue comme une corvée (épicerie et repas à cuisiner) et activité devenue individuelle; une grande part du budget est consacrée à l’alimentation – tout peut s’acheter; peu d’autoproduction et de contacts avec les producteurs; parfois, on ne connaît pas tous les ingrédients qui entrent dans la composition des aliments consommés.

Ce virage est le résultat de l’urbanisation et l’industrialisation de l’alimentation. Et avec sont apparus le surpoids et l’obésité, les maladies métaboliques, les troubles du comportement en lien avec la santé intestinale et l’alimentation (TDHA, TDA, TSA….) en plus de la perte de savoir-faire culinaire, la pauvreté et l’insécurité alimentaire, ainsi qu’une forme d’isolement… surtout une perte de contrôle sur sa vie et sa santé.

Changer et développer ainsi son autonomie alimentaire peut paraître une montagne insurmontable. Mais C’est à la portée de tous. Il suffit de se mettre dans l’action avec des petits gestes au début pour se donner confiance, c’est à dire le vouloir. Ainsi l’autonomie est axée sur la responsabilisation de la personne à l’égard de son alimentation personnelle, de sa famille et de l’alimentation en générale. Elle s’appuie sur des gestes concrets et réalisables et elle est l’occasion d’exprimer ses capacités pour développer son estime et soi et son sentiment d’appartenance.


Comment s’y prendre ? Autonomie comme…

  • Planifier : planifier ses repas, faire son budget, consulter les circulaires, comparer les prix, trouver un transport, suivre des cours de cuisines, lire et comprendre les étiquettes…
  • Acquérir : faire un jardin (dans un jardin communautaire, sur le terrain non utilisé du voisin ou d’une personne âgées (une occasion de socialiser) contre l’entretien du terrain, troquer légumes et fruits avec ses voisins et amis jardiniers, aller au marché public, acheter local, participer à un groupe d’achat, se procurer que des ingrédients bruts…
  • Cuisiner : participer à un cuisine collective, cuisiner en groupe (sa sœur, sa voisine, copine…..), partager des recettes de moins de 5 ingrédients, utiliser les restes et faire des soirées  »toussequi », revenir à des plats simples (comme du temps de nos grand-mères : bouilli et pot au feu…) faire de la congélation et des conserves, faire ses boites à lunch, récupérer les pots Masson…
  • Manger : manger en famille et en groupe, organiser des pot-luck…

Voici quelques exemples inspirants à suivre pour démarrer à sa mesure ou pour s’impliquer.

Réapprendre à cuisiner et faire soi même, c’est développer son autonomie et mettre du temps dans sa santé fièrement !