Probiotiques, est-ce bien nécessaire ?

 »Dans un organisme sain, le tube digestif est colonisé par environ 100 000 milliards de bactéries vivantes appartenant à (plus de) 400 espèces différentes. De 30 à 40 espèces de ces bactéries représentent 99 % de la flore qui forme un écosystème stable essentiel au maintien d’une bonne santé. »*

*source : Passeport – Santé

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants,

C’est-à-dire des bactéries et des levures qui, d’après la définition officielle de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). « Lorsqu’ils sont ingérés en quantité suffisante ont des effets positifs sur la santé »1.

Selon l’âge, l’alimentation, le pays d’origine, les maladies contractées, le stress, le nombre de traitement aux antibiotiques, la composition du microbiote est modifiée. Une infection comme une gastroentérite, une maladie ou une déficience du système immunitaire peuvent perturber l’équilibre cet écosystème, appelé microbiote. Le pire de tous : les antibiotiques. C’est l’agression la plus virulente. Un microbiote perturbé présente différents symptôme dont la diarrhée, la constipation, l’alternance des deux… Les probiotiques ont commencé à être connu au Québec BioK et le combat contre Clostridium – ou C-difficile dans les hôpitaux. Ils ont été testés avec succès auprès de patients atteints. Il faut dire qu’il a bien des vertus.

Ces bactéries aident à digérer notamment les fibres et favorisent un bon transit intestinal. Elles sont nécessaires à la digestion du lactose en combinaison avec le lactase. Elles produisent aussi des substances qui stimulent notre système immunitaire et luttent contre les inflammations notamment intestinales (cf le colon dit irritable). Elles permettent de contrer la multiplication de microbes « nuisibles ». On retrouve les probiotiques dans des yaourts (fermentés naturellement), dans des produits laitiers fermentés, dans certains plats à base de légumes fermentés comme la choucroute ou le kimchi. On en retrouve aussi dans la levure de bière (si elle n’a pas été stérilisée).

Il faut savoir que l’acidité de l’estomac détruit 90% des probiotiques ingérés et que leurs effets bénéfiques sont observés une fois qu’ils ont atteint l’intestin. Pour une supplémentation, il est donc préférable d’opter pour des gélules entérosolubles (= solubles dans l’intestin).

Alzheimer, Parkinson, autisme, schizophrénie, des maladies qui naissent dans le microbiote

Les bactéries intestinales agissent également sur la fonction cognitive et la mémoire. Une supplémentation en probiotiques pendant 12 semaines a permis par exemple d’améliorer la fonction cognitive de patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Dans une nouvelle étude parue dans la revue Frontiers in Ageing Neuroscience, des chercheurs montrent que les probiotiques peuvent améliorer la fonction cognitive chez des sujets âgés atteints de la maladie d’Alzheimer. Dans le cadre de cette maladie, on peut constater une augmentation des marqueurs du stress oxydant et de l’inflammation, et plusieurs troubles métaboliques comme la résistance à l’insuline, l’hyperglycémie et une dyslipidémie.

 »Dans cette étude, les chercheurs ont mené un essai contrôlé randomisé, en double aveugle sur 60 patients atteints de la maladie d’Alzheimer et âgés de 60 à 95 ans. Ils ont évalué l’effet de la supplémentation en probiotiques sur la fonction cognitive et certains troubles métaboliques associés à la maladie d’Alzheimer. 2 groupes ont été formés : un groupe de contrôle et un groupe recevant un mélange de probiotiques (Lactobacillus acidophilus, Lactobacillus casei, Bifidobacterium bifidum et Lactobacillus fermentum). La fonction cognitive a été évaluée avant et après la supplémentation par le Mini-mental state examination (MMSE). Les résultats montrent que la supplémentation en probiotiques pendant 12 semaines a permis une amélioration du score au Mini-Mental State Examination, qui est passé de 8,7 à 10,6 (sur un maximum de 30) entre le début et la fin de l’étude, ce qui représente une amélioration de 27%.

Dans le groupe témoin, aucune amélioration n’a été enregistrée. « Même si cette amélioration est modérée et que tous les patients conservent une déficience cognitive sévère, ces résultats sont importants car ils sont les premiers à montrer que les probiotiques ont la capacité d’améliorer la cognition chez l’homme » disent les chercheurs.

De plus, le groupe qui a reçu des probiotiques a également montré une diminution de la résistance à l’insuline et du niveau de triglycérides. « Ces résultats laissent penser que ces améliorations métaboliques pourraient représenter un mécanisme par lequel les probiotiques ont un impact sur la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles neurologiques ». »

Sources

Akbari E, Asemi Z, Daneshvar Kakhaki R, Bahmani F, Kouchaki E, Tamtaji OR, Hamidi GA and Salami M (2016) Effect of Probiotic Supplementation on Cognitive Function and Metabolic Status in Alzheimer’s Disease: A Randomized, Double-Blind and Controlled Trial. Front. Aging Neurosci. 8:256. doi: 10.3389/fnagi.2016.00256.

Probiotics: A New Treatment for Alzheimer’s?

 

Bon à savoir

L’intolérance au lactose se manifeste par des ballonnements, des gaz, des crampes et des diarrhées voir une constipation chronique lorsque l’intestin est très mal en point. Elle est causée par une déficience en lactase, un enzyme nécessaire à la digestion du lactose. Des études ont montré que la présence de probiotiques dans le produit laitier fermenté facilite sa digestion. La fermentation du produit laitier conduit à la transformation du lactose en acide lactique qui lui est digeste. L’acide lactique présent dans les probiotiques a un autre effet positif sur la santé : il facilite l’absorption du calcium, du fer et du phosphore.

L’intestin irritable est en effet irrité…

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) ou syndrome du côlon irritable se caractérise par des malaises, des maux de ventre, des diarrhées ou une constipation voir des spasmes très douloureux. L’effet des probiotiques sou d’une alimentation riches en probiotiques fait l’objet de nombreuses études depuis 2000. Elles montrent une amélioration globale de l’état des personnes et une régularisation du transit. I

Dans le cas d’une diarrhée aiguë, comme la  gastro-entérite ou la tourista

Les acides lactiques présents dans les probiotiques permettraient de réduire les risques d’être touché par la gastro de votre enfant et sa durée si déjà contractée. D’après 12 études, la prise d’une dose minimum de probiotiques, contenus dans les yaourts (yogourts) mais aussi dans la levure de bière de type boulardii, permettrait de prévenir la diarrhée du voyageur. En 2006, une étude indiquait que le risque de diarrhée due à une prise d’antibiotiques ou une gastro-nosocomiale pouvait être réduit en prenant des probiotiques Saccharomyces boulardii et Lactobacillus rhamnosus GG.

Maintenant que la question est plus sur la nécessité des probiotiques, rien ne dit que l’on doit se bourrer de capsules achetées à grand frais. Il est possible de produire ses probiotiques facilement chez soi et de profiter au quotidien dans son alimentation de ses bienfaits.

Pour en savoir plus, lisez sur la lactofermentation, sur la levure alimentaire, ou encore apprenez à faire vos fauxmages et fauxlaitages fermentés avec Nourrir sa santé.

Nourrissez votre santé, elle vous mènera loin !